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Carmina Burana

 

Cancionaes profanae cantoribus et choris cantander comitantibus instrumentis atque imaginibus magicis (chants profanes pour solistes et chœurs avec un accompagnement instrumental en plusieurs tableaux)

Créée le 8 juin 1937 à Francfort-sur-le-Main, l'œuvre est issue d'un manuscrit de 1250, Carmina Burana, recueil de chansons en latin et moyen haut allemand dont Carl Orff a tiré la sélection qui constitue le livret de son œuvre, composée pour plusieurs "personnages" et chœurs : soprano, ténor, baryton, petits ensembles (deux ténors, baryton + deux basses), chœur d'enfants et grand chœur.

L'œuvre s'ouvre sur un grand chœur en l'honneur de Fortuna, déesse du Destin, répété à la fin. La première partie (Primo vere et Uf dem Anger, "Sur le pré") est un hymne au printemps, à la nature et à la joie de vivre. La deuxième (In Taberna) conte les plaisirs terrestres vus par l'abbé de Cucanie (Cocagne), et exprimés par trois chants grotesques pour solistes et chœur d'hommes : Estuans interius, "Dévoré de rage" (baryton), Olim lacus colueram, "Jadis j'habitais le lac", chanté par "le cygne rôti" (ténor),   Ego sum abbas, "Je suis l'abbé" (ténor), précédant le chœur d'hommes In taberna quando sumus. La dernière partie, Cour d'amours, est consacrée à l'amour sous toutes ses formes et se conclut par le chœur Blanziflor et Helena (Blanziflor ou "Blanchefleur" est l'héroïne d'une saga médiévale connue sous de nombreuses versions), avant la reprise finale du célèbre O Fortuna.

Les Carmina Burana sont une partie des Trionfi, une trilogie musicale incluant les cantates Catulli Carmina (poèmes de Catulle assemblés par Carl Orff) et Trionfo di Afrodite (concert scénique sur des poèmes de Catulle et de Sappho et une strophe d'Euripide), créées en 1943 et 1953.

 

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Maître des Carmina Burana. Paysage en deux parties avec plantes et animaux (miniature pleine page). Bayerische Staatsbibliothek, Munich.

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La roue de la Fortune,

première page du Codex Buranus (Carmina Burana).

Bayerische Staatsbibliothek, Munich.

Version présentée par le chœur Jubilate

Nous proposons une version adaptée pour deux pianos, percussions, chœurs  et solistes.


Cette transcription a été réalisée en 1956 par Wilhelm Killmayer, un des élèves du compositeur Carl Orff. Il signe une adaptation pour musique de chambre de cette œuvre magistrale qui fut écrite au départ pour l'orchestre complet, pianos, chœurs d'enfants et d'adultes et solistes. Carl Orff appréciait beaucoup cette adaptation, qui met en valeur "les qualités baroques de la composition". Elle est aujourd’hui uniquement destinée à des exécutions en concert données par des écoles de musique ou des associations d’amateurs.

Carl Orff (1895-1982)

Né et mort à Munich, où il étudie à l'Académie de musique, puis exerce comme chef d'orchestre jusqu'en 1917, il y revient en 1924 pour fonder avec Dorothee Günther une école de gymnastique, danse et musique, le Orff-Schulwerk (atelier scolaire). Il y met en pratique ses idées sonores, crée le fameux "instrumentarium Orff" (petites percussions, xylophones, métallophones, etc.), et publie en 1935 un Manuel pédagogique pour l'application de ses conceptions novatrices sur l'enseignement musical. Il ne s'agit pas réellement d’une méthode, mais d'orientations destinées à favoriser un développement harmonieux de l'enfant par la musique "élémentaire" et le mouvement. « Non élitiste et ludique », la pédagogie Orff n'est pas réservée aux enfants, mais ouverte à tous, et se pratique en groupe, à partir d'œuvres du répertoire traditionnel de toutes les cultures, avec une grande part de création et d'improvisation, d'où sa classification dans les "méthodes actives" (que l'on peut aussi associer à "l'Ecole nouvelle" pour la réforme pédagogique dans l'enseignement scolaire).

L'attitude de Carl Orff pendant la période nazie est encore controversée, mais, outre sa collaboration avec Bertold Brecht avant la guerre et avec Jacques Prévert dans les années 1950, et les témoignages sur son peu de sympathie pour le régime, il semble qu'on ne puisse guère lui reprocher que de n'avoir pas résisté plus activement, ce qui est le cas de nombreux artistes qui ont préféré ne pas mettre en péril leur activité et leur vie. Le régime nazi a d'ailleurs commencé par rejeter son œuvre (dont les Carmina Burana à leur création en 1937) avant de la récupérer par la suite.

 

Parmi les autres œuvres de Carl Orff, on peut citer les opéras  Der Mond ("La Lune", 1939), Die Kluge  ("La Femme intelligente" ou "La Finaude", 1943), Antigonae (1953), Œdipus der Tyrann (1959), et sa dernière grande œuvre, De temporum fine comœdia (La Comédie de la fin des temps), opéra-oratorio de 1973, révisé en 1977.

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Manuscrit des Carmina Burana. Joueurs de dés à la taverne. 

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